Les Philippines, l’archipel aux deux visages.

Les Philippines, magnifique archipel que j’ai eu la chance de visiter pendant un mois en novembre. Ce voyage, je l’ai fait dans un cadre plutôt particulier. J’ai participé à un concours international qui m’a permis de réaliser des actions concrètes en termes de développement durable. Ce n’est donc pas une expérience purement touristique que je vais partager avec vous, mais plutôt un diaporama des expériences que j’ai pu vivre et qui m’ont amené à me poser certaines questions. Ce voyage était centré sur la compréhension du lien entre écotourisme et problématiques environnementales-sociales.

Lors ce voyage, j’ai découvert deux visages des Philippines.
1. Le premier, très touristique, où l’on m’a fait rêver avec des paysages idylliques. J’ai le souvenir de l’île de Palawan où j’y suis restée quelques jours pour ensuite me rendre à Coron Island. C’est THE lieux que je rêvais de voir depuis toute petite. Pourquoi ? Pour le bleu unique de ses eaux, le silence absolu des lieux, la force qui se dégage de ses formations rocheuses, ses épaves de la Seconde Guerre mondiale…

 

2. Le second, une gestion des impacts environnementaux non hétérogène, montrant de triste tableaux.

Quartier pauvre, Philippines

 

Ce constat m’a portée vers une certaine réflexion que je souhaite partager avec vous. Le but de mon voyage au Philippines était de participer à une action internationale ayant pour but la sensibilisation du public aux problématiques liées à l’environnement. Au long de cette enrichissante mais éprouvante expérience, j’ai pris part à différentes actions de sensibilisations. Tout d’abord, j’ai assisté à un séminaire organisé par la Miss Earth Fundation Inc., fondation à but non-lucratif se posant comme ligne de conduite la sensibilisation du grand public aux problèmes environnementaux. La fondation travaille en partenariat avec la World Wildlife Fund (WWF). Le thème du séminaire fut « l’écotourisme« , avec des interventions alternant professionnels du tourisme et personnalités politiques. A travers ce séminaire j’ai pu comprendre l’enjeu primordial, voir vital, que représente l’écotourisme pour certains pays. Définissons d’abord le concept. L’écotourisme est un voyage responsable dans la nature qui contribue à la protection de l’environnement et également au bien-être des populations locales. En plus de son aspect éducatif et actif, il permet de lutter contre la pauvreté en favorisant l’emploi de la main d’œuvre locale. Ce séminaire à bien évidemment piqué ma curiosité davantage, me confortant ainsi dans mon questionnement : le tourisme peut-il être facteur de développement durable ?

Par la suite, j’ai collaboré à de multiples interventions, comme un « clean up day ». Cette activité consiste tout simplement à nettoyer un site touristique pour tenter de lui rendre ses lettres de noblesse. Accompagnée de mes collègues, je me suis rendue sur l’un des points les plus touristiques des Philippines : Manilla Bay. Connue pour son magnifique coucher de soleil, Manilla Bay a vu ses eaux se dégradées graduellement, allant jusqu’à mettre sérieusement en péril la vie sous-marine. Aujourd’hui, l’écosystème marin de la baie se limite à cette vision : des étendues de poissons morts flottants sur l’eau… En nettoyant une portion de cette baie, nous avons récolté divers déchets parfois surprenants : bouteilles d’eau neuves, tétines pour bébé, plastiques, chaussures, végétaux, boîte en cartons, emballages fast-food et j’en passe… Aux abords de la baie se trouve une usine, véritable pollueur de ces eaux. Elle y déverse ses déchets, constituant ainsi de grandes étendues d’ordures qui se concentrent en plusieurs points. Triste réalité : des habitants se baignent tout de même dans cette eau, au milieu des ordures.

Arrêtons-nous un moment sur la capitale, Manille. En tant que grande ville industrialisée, elle connaît un seuil de pollution critique. En effet, l’atmosphère est tellement polluée qu’un énorme nuage de pollution s’est installé sur la ville. Je me souviens que lorsque je suis sortie du bus, j’ai eu du mal à respirer sur le moment. J’avoue que ce genre de tableau m’était inconnu. En tout cas, c’était la première fois que je voyais cela de mes yeux.

Le même jour, je suis allé visiter Pasig River en compagnie de la Pasig River Rehabilitation. Constat alarmant : la pollution et la pauvreté côtoyant la richesse. Pasig River est la rivière la plus polluée des Philippines, mais aussi l’une des plus polluées d’Asie. Ici, l’écosystème n’est plus. Il a d’ailleurs été déclaré biologiquement mort dans les années 1990. La Pasig River Rehabilitation est à l’origine d’une série de missions visant à restaurer la qualité de l’eau de la rivière. A ces abords vit une population très pauvre. Là, j’ai vu des enfants nus, jouant avec des animaux errants et au milieu de maisons de fortune. A côté d’elles, des immeubles modernes et des autoroutes fleurissent. La Pasig River Rehabilitation prend justement en charge ces familles défavorisées vivant le long de la rivière. Aujourd’hui, même si les déchets ne font plus office de tapis, Pasig River est tristement connue comme l’une des rivières les plus polluées du continent asiatique.

L’archipel connaît un état de qualité environnemental inquiétant, certes. L’état philippin met cependant des mesures en œuvre pour promouvoir l’écotourisme. Par les différentes rencontres avec des professionnels du tourisme, des associations, j’ai compris que miser sur l’écotourisme est une opportunité pour certains pays. Cela leur permet de mettre en valeur leur identité, d’améliorer leur situation économique, sociale et touristique. Je me suis toujours sentie concernée par les problématiques environnementales. A présent, la question ne se pose plus. La préservation de l’environnement est un besoin, une nécessité, un enjeu primordial. La seule initiative des gouvernements n’est pas suffisante. C’est à chacun de mettre sa pierre à l’édifice.

Depuis ces deux dernières années où j’ai étudié le tourisme, j’ai pris conscience des bienfaits mais aussi des impacts négatifs de l’activité touristique. Les Philippines ne sont pas un cas isolé. Plusieurs pays misent aujourd’hui sur l’écotourisme comme facteur de relance touristique, économique et sociale. Si la préservation de l’environnement est une réelle problématique de ce siècle, bon nombre ont vu en lui une activité rentable, cependant…

Le tourisme est l’un des secteurs les plus lucratifs au monde, allant jusqu’à devenir une véritable industrie. C’est néanmoins un secteur à double tranchant.L’industrialisation du tourisme nous éloigne de plus en plus de la fonction première du voyage, la découverte, au profit de voyages préfabriqués. L’expansion du secteur et surtout son industrialisation cause sur les destinations un impact considérable, qu’il soit environnemental, économique ou social. C’est pourquoi il est important de mettre en avant un tourisme responsable, respectueux, plutôt qu’un tourisme de masse.

Pour finir sur une note un peu plus légère, voici quelques photos prises lors de mon voyage. Les Philippines restent pour moi l’une des plus belles destinations que l’on puisse découvrir.

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2 commentaires sur « Les Philippines, l’archipel aux deux visages. »

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